03 décembre 2017

La cour des comptes épingle le Linky et sa pseudo-gratuité.

La cour des comptes> A compter de 2021, le coût du Linky de 130€ par compteur sera répercuté sur la facture du consommateur et celle-ci sera alors plus élevée qui si les vieux compteurs avaient été conservés.

> Ce différé constitue donc une avance faite par Enedis, remboursée par les consommateurs à partir de 2021. Le taux d’intérêt de cette avance est de 4,6 % et les intérêts s’élèvent à 785 M€ au total sur la période 2015- 2030, soit en moyenne 49 M€ par an.


> Un coût effectif total de 5,7 Md€ en euros courants.


> Un dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis.


> Cette incitation se fait par un autre bonus, répercuté lui aussi sur la facture du consommateur, d’un montant annuel équivalant à 1 % de la valeur prévue des investissements.

> Les gains que les compteurs peuvent apporter aux consommateurs sont encore insuffisants. Ce sont pourtant eux qui justifient l’importance de l’investissement réalisé.


> L’analyse bénéfices-coût au niveau de la distribution ne peut à elle seule justifier économiquement le projet et, en l’état actuel des travaux, le système n’apportera pas les bénéfices annoncés en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’énergie. 

> Les conditions de rémunération d’ENEDIS sont généreuses et devraient être revues.

> Les compteurs communicants relayant les informations transmises par les autres compteurs communicants, il faut que le taux de compteurs communicants reliés à un transformateur soit suffisant (70 % au minimum), contrairement à la technologie mise en œuvre en Allemagne qui ne présente pas cette contrainte.


> Parmi les 23 pays de l’Union européenne ayant pris une décision sur le déploiement des compteurs communicants, huit ont prévu de ne pas les déployer ou de ne le faire que pour certains consommateurs : l’Allemagne, la Lettonie, la Slovaquie, la Belgique, la Lituanie, le Portugal, la République tchèque et la Slovaquie.

> Le troisième moyen est constitué des différents portails internet, qui restituent à l’usager via le système central du distributeur les informations envoyées par son compteur, notamment les consommations journalières. Ces portails sont proposés par le distributeur, Enedis, et par les fournisseurs. Celui d’Enedis souffre de deux faiblesses : la première est que, malgré les actions de communication du distributeur, le taux d’ouverture de compte par les usagers disposant d’un compteur Linky est particulièrement peu élevé (1,5 %). La deuxième faiblesse est que l’information de consommation mise à disposition de l’usager n’est jamais valorisée en euros, puisque le distributeur ne connait pas les conditions tarifaires faites par le fournisseur à l’usager. Les fournisseurs proposent aussi des portails aux usagers pour qu’ils accèdent à leurs données de consommation, en unités physiques et en euros. Cependant, Enedis ne transmettant aux fournisseurs que les données nécessaires à la facturation, ceux-ci ne disposent et ne peuvent donc mettre à la disposition de l’usager que les consommations mensuelles. Pour que le fournisseur accède aux consommations journalières pour les restituer à l’usager, ce dernier doit avoir donné au fournisseur son accord explicite, ce qui complexifie la procédure et constitue, de facto, un frein pour la bonne information de l’usager.